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Boiral
Bonhomme
Buisson et Boisson
Capelle et Chapelle
Dumon
Fayet
Malaval
Mas, Dumas et Delmas
Paradis
Planes
Raynal
Savajols
Seguin
BOIRAL : Probable sobriquet physique
A première vue, BOIRAL n'est pas un de ces noms typiquement lozériens
comme DALLE, PARADAN, TICHIT ou CHAPTAL
Il n'en est pas moins caractéristique du
Gévaudan. Tout d'abord, il y est attesté depuis plus de sept siècles. Ensuite, il y est
représenté aujourd'hui dans une vingtaine de localités par trente foyers
téléphonique. Record régional ; et probablement national.
En effet, interrogez l'annuaire électronique. Il ne décèlera aucun
BOIRAL dans l'Aveyron, le Cantal ou la Haute Loire. Il en comptera, il est vrai deux dans
l'Ardèche, dix-huit dans le Gard et treize dans l'Hérault. Mais parmi ceux-ci, combien
sont-ils de souche lozérienne ?
Ancien, disions-nous ? Ce patronyme était déjà présent à Mende
plus d'un siècle avant qu'on y construise la nef de sa cathédrale. C'est le Dr Marcel
Barbot qui nous l'apprend. "Ces BOIRAL, écrivait-il, sont connus depuis
Étienne et Guillaume (1262) : ils possèdent une maison place du Mazal. Cette famille est
également connue à Chapieu en 1270". (Six cents logis du XVII ème siècle
mendois, p.251).
De nos jours, les BOIRAL se rencontrent dans l'est du département, à
Langogne ou à Prévenchères, tout comme dans les Cévennes (trois abonnés à Florac ou
à Ispagnac). Mais leur domaine d'élection est la vallée du Lot : un abonné portant ce
nom à Chadenet, Badaroux, Balsièges, Esclanèdes, Chanac ; huit à Mende).
Quelle est l'étymologie du patronyme BOIRAL ? Il est malaisé de
répondre brièvement à cette question. Tout porte à voir dans ce patronyme, le
représentant d'un mot occitan pourvu du suffixe -al (indiquant la caractéristique,
l'origine). L'ennui est que personne, aujourd'hui, ne semble connaître le terme boiral.
Et qu'on ne le trouve pas davantage dans les dictionnaires d'occitan ancien ou moderne.
Cependant, deux mots, particulièrement, peuvent avoir produit boiral. Le premier
est boira (prononcer bouyro). L'abbé de Sauvages notait en 1785, dans son "Dictionnaire
Languedocien - Français" que "bouiro" désigne un biez (ou
bief), un canal pour l'eau d'un moulin. Qu'un dérivé de ce nom, avec le suffixe -al, ait
pu produire un surnom d'origine, ce n'est pas impossible. Les chances en sont faibles,
cependant, car je n'ai pas retrouvé trace de ce mot en Gévaudan.
Toutefois, le même abbé (bon gardois et précieux lexicographe)
mentionne aussi bouire qu'il traduit "enflé de graisse et de
gourmandise" ! Nous voici sur un terrain plus connu. Car boire, en langue
d'oc, désigne le buf et aussi un gros ventre. Ce terme, et ses dérivés, sont bien
connus en Lozère. Le "Dictionnaire occitan - français, dialecte gévaudanais"
mentionne bien les dérivés boirel, "panse, bedaine" ; et boirot, "personne
de petite taille, trapue et bedonnante". Bien que nous n'en possédions pas la
preuve, c'est probablement ce type de silhouette - plus évocatrice de Sancho Pança que
de Don Quichotte - qui a dû inspirer cet ancien sobriquet devenu patronyme.
G. RIOUCLAR
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BONHOMME
A peu de chose près la distribution des BONNEFILLE suit celle des
BONHOMME. Tout se passe comme si les BONHOMME et les BONNEFILLE s'étaient glissés le
long de l'axe que constitue la voie regordane pour s'infléchir ensuite vers l'ouest à
l'intérieur du pays. Évidemment BONNEFILLE peut être un patronyme ordinaire ayant
désigné soit une veuve, soit une fille a marié, soit même une fille - mère dont les
qualités ont été assez remarquables et remarquées pour que ce soit la femme qui ait
donné son surnom comme nom de famille à ses descendants. Mais ce qui est curieux dans le
cas des BONNEFILLE du Gévaudan, c'est que la fréquence de ce nom ne soit pas loin
d'atteindre, celle du nom de BONHOMME ; c'est, ensuite, que la distribution de ce nom
suive à peu de chose près celle de BONHOMME. Apparemment il semble y avoir une
corrélation entre ces deux noms. Ne pourrait-on précisément voire cette corrélation
dans le fait que BONHOMME et BONNEFILLE aient été, chez nous, des surnoms donnés aux
militants et aux militantes des sectes persécutées et réfugiées dans nos montagnes ?
On sait le rôle joué par les femmes dans l'hérésie albigeoise ; on sait également que
les "parfaits" et "parfaites" ne se mariaient pas. Arrivés
célibataires ces "bonhommes" et ces "bonnefilles" durent
probablement, pour échapper aux poursuites régulariser leur façon de vivre en se
mariant dans ce pays. Ce qui expliquerait par ailleurs, que ce soit le nom de la femme qui
soit devenu le nom de famille, une "BONNEFILLE" étant plus caractérisée que
l'époux qu'elle pouvait trouver sur place.
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BUISSON et BOISSON origines
convergentes
BUISSON est un nom relativement répandu. N'y a-t-il pas, en Lozère,
quarante-deux abonnés au téléphone qui portent ce nom dans vingt et une localités ? On
remarquera cependant que la plupart d'entre eux se retrouvent dans deux secteurs. La zone
cévenole, d'abord : ils apparaissent dans ces villages des pentes, des serres et des
valats tels que Sainte-Croix-Vallée-Française (deux abonnés) Saint-Frézal-d'Albuges
(un). Saint-Maurice-de-Ventalon (un), Fraissinet-de-Fourques (deux), Bédoués (un),
Moissac (deux), Ispagnac (un). Mais un autre secteur est quantitativement plus important :
celui de la vallée du Lot ; quatre BUISSON au Mas-d'Orcières, un au Bleymard, deux à
Bagnols. un à Sainte-Hélène, trois à Badaroux, douze à Mende... Quelques autres sont
dispersés à Montrodat, Langogne ou Villefort...
L'étymologie semble évidente : n'est-ce pas un buisson
caractéristique du voisinage qui a donné son nom à la famille ? En fait-il faudra
nuancer cette proposition. Au départ, probablement dès le VIII ème - IX ème siècle,
il y a le terme "boisson" qui existe en ancien français comme en ancien
occitan. Il ne signifie pas "liquide qu'on boit".
Il faudra attendre la fin du XIII ème siècle pour voir apparaître ce
mot avec une signification dans la langue française. Non, le terme courant
"boisson", au cours du haut Moyen-Âge, désigne un "petit bois" ; ce
n'est que progressivement qu'il prendra le sens de "arbuste, association d'arbustes
sauvages difficiles à pénétrer" ; et qu'il deviendra en français
"buisson".
Mais en occitan, autrefois, comme aujourd'hui, le mot est resté
"boisson" (prononcé "bouyssou"). D'ailleurs, si l'on recherche les
formes anciennes des toponymes LE BUISSON en Lozère, que trouve-t-on ? La commune du
Buisson, au nord de Marvejols, est mentionnée "Sancti Martini del Boysso" en
1374 ; et un texte occitan de 1190 cite "la gleisa del Boisson", l'Élise du
Buisson.
À côté du nom de cette paroisse, on verrait surgir maintes fois ce
mot dans des textes anciens. Voyez par exemple, dans les Feuda Gabalorum, la référence
au "mansum del Boiso" (Mas du Buisson) désignant un buron prés de Nasbinals en
1307. Ou bien, dans les Cévennes. le "mansus del Boyso d'Espinassone", le mas
du buisson qui, à la même date, était proche d'Espinassoux (Saint-Etienne-Vallée-Française).
Toutefois, on ne sait si les écarts dits Le Buisson, assurément
multiséculaires, existaient déjà au XIV ème siècle, dans les communes de Quézac et
Molézon.
On aura compris que ces toponymes "Lo Boisson" sont devenus
Le Buisson par l'influence du français. Il en alla de même avec les patronymes. Les
BUISSON lozériens sont d'anciens BOISSON. D'ailleurs ce nom de famille existe et
témoigne encore de la forme authentique non francisée
On rencontrera des BOISSON à la Canourgue, Langogne, Mende et Vialas.
Nous avons le plaisir de leur annoncer (ou de leur confirmer) que leur patronyme ne se
réfère aucunement au penchant prétendu d'un de leurs ancêtres pour la boisson.
Tout comme BUISSON, BOISSON s'explique par la présence d'un petit bois
proche de la maison ; ou, moins probablement, par celle d'un buisson caractéristique ; ou
bien encore, assez souvent, par le fait qu'un lointain ancêtre habitait un lieu dénommé
Le Boisson/Le Buisson. Ils ne manquent pas en Gévaudan ; et nous ne les connaissons pas
tous.
J'espère que Maître Guillaume Buisson qui fut notaire à Mende de
1651 à 1701 n'aurait pas désapprouvé nos explications.
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CAPELLE, CHAPELLE : sans le
partage d'un manteau...
Fort opportunément pour le chroniqueur onomastique, CHAPELLE est un
patronyme sans mystères. Ce fut primitivement un surnom. Le plus souvent un surnom de
voisinage (celui dont la maison est toute proche d'une chapelle) ou d'origine (celui qui
habite La Chapelle, un lieu qui tire son nom de la présence d'un petit édifice
religieux).
On pourra aussi penser à un surnom donné à un ancêtre qui assurait
l'entretien d'une chapelle ou qui s'y rendait très fréquemment. Mais cette hypothèse
plausible est moins probable.
En Lozère, on connaît au moins trois hameaux qui pourraient être à
l'origine d'un surnom d'origine devenu plus tard le patronyme CHAPELLE. Il s'agit de LA
CHAPELLE à Grandrieu, Montbrun et Pont-de-Montvert qui, en 1850, avaient respectivement
41, 26 et 3 habitants.
Mais les porteurs de ce patronyme peuvent devoir leur nom à une simple
chapelle ignorée de la toponymie ; ou à un petit édifice religieux détruit et oublié
depuis des siècles.
De nos jours, c'est surtout dans le sud-est cévenol qu'on retrouve les
CHAPELLE lozériens ; en particulier à Cocurès, Fraissinet-de-Lozère, Le
Pont-de-Montvert, Cassagnas, etc. On pourrait s'en tenir à ces observations si
l'étymologie de "chapelle", attachée à un personnage populaire, ne méritait
pas d'être évoquée. Ce mot provient du latin populaire capella, diminutif de cappa,
manteau à capuchon.
A l'origine, la capella désigna l'endroit où l'on conservait
une relique : la moitié du fameux manteau que Saint Martin partagea pour couvrir un
pauvre, Cette relique du IV ème siècle fut longtemps conservée à la cour des rois
francs. Puis, par extension de sens, capella s'appliqua à l'ensemble des reliques
du trésor royal et, ensuite, au bâtiment même qui l'abritait : l'oratoire du Palais
Royal {VIII ème siècle}.
En ancien français, "chapele" a désigné un oratoire dans
une demeure privée ou publique (la chapelle d'un château ou d'un hôpital), puis un
petit édifice religieux et enfin la partie adjacente d'une église. On remarquera que ce
latin médiéval capella, atteste dés 679 pour évoquer le manteau de Saint
Martin, a connu une expansion très large.
Il se répandit très tôt, vraisemblablement, dans les pays de langue
d'oc. Et gagna les pays voisins. C'est pourquoi. sans être polyglotte, on le reconnaît
sans peine dans l'anglais chapel, l'allemand kapelle, l'espagnol capilla,
l'italien capella, et quelques autres...
Quant à CAPELLE. il ne s'agit pas d'une "déformation de
CHAPELLE". Dans nos départements méridionaux. la forme normale en occitan du nord
est chapèla (prononcer "tchopèlo"), alors que la forme tout
aussi normale en sud occitan est capéla. C'est ce qui explique la forme francisée
CAPELLE qu'on retrouve. par exemple, dans le nom du village de LA CHAPELLE, proche de La
Canourgue.
Mais que la première syllabe de notre nom de personne (ou de lieu)
soit CHA- ou CA-, le mot et sa valeur restent les mêmes. Et l'on se dit que si, par un
jour d'hiver glacial, Martinus, le soldat romain chrétien, n'avait partagé sa cape d'un
coup d'épée charitable, les "chapelles" auraient été désignées par un
autre nom ; ainsi que plusieurs de nos lecteurs ; et des centaines de noms de lieux dans
toute l'Europe occidentale.
G. RIOUCLAR
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DUMON
Cette forme du patronyme DUMONT (du mont, de la montagne) est portée
aujourd'hui par 830 foyers en France dont 148 en Aquitaine, 82 en Nord-Pas-de-Calais, 61
en Provence-Côte-d'Azur, 60 en Rhône-Alpes, 53 en Midi-Pyrénées, 51 en
Poitou-Charente, 41 en Languedoc-Roussillon et 102 en Île-de-France.
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FAYET
Les noms de lieux dérivés du nom "hêtre", en latin
"fagus", sont fréquents en pays d'Oc. De "fagus" provient FAU, très
souvent écrit à tort FAUX dans les noms de lieux comme dans les noms de famille, ce qui
défigure malencontreusement le nom. Avec l'article contracté, DELFAU, francisé souvent
en DUFAU, et défiguré en DELFAUX, DUFAUX, est fréquent également. De "fagea"
nous avons les très nombreux lieux dits et noms de famille FAGE(S), LAFAGE. Les
diminutifs FAGET, FAGETTE, ne sont pas rares non plus. Dialectiquement, nous avons les
formes phonétiques FAYE, FAYET, FAYETTE. Enfin, on rencontre plus rarement les dérivés
FAYEL et FAYARD. Avec l'article contracté DUFAYARD est un nom de la région lyonnaise.
Dans le Centre, "fagus" a donné FOU (qui était aussi le nom du hêtre en
ancien français). FOU est le plus souvent écrit avec un "X" final pour éviter
l'homonymie avec l'adjectif "fou".
Onomasticos
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MALAVAL
C'est en se référant à un "mauvais val", une vallée
difficile d'accès ou aride et désertique qu'est né cet ancien patronyme.
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MAS : Un nom tout simple (ainsi que
DUMAS, DELMAS)
Un "mas", on le sait, est une ferme isolée avec ses terres ;
ou, par extension de sens, un groupe de maisons isolé dans la campagne à une distance
plus ou moins grande du village.
Mais d'où viens l'étymologie de ce monosyllabe ? Il nous faudra donc
partir du bas-latin "mansum" participe passé du verbe "manere",
"rester, demeurer", puis "habiter" (d'où plus tard, en français,
"manoir", "manant", "maison").
En latin médiéval, "mansum" a désigné une maison,
un centre d'exploitation rurale avec la terre arable et les près qui s'y rapportent,
occupé par un seul tenancier.
En langue d'oïl (en gros au nord de la Loire), mansum" est
devenu "meis", "mes" : Des mots qui ne sont plus compris depuis
le XVIII ème siècle. Et seuls les toponymistes, aujourd'hui, savent reconnaître ce
terme dans celui de Metz. Mais des Charentes aux Pyrénées, de la Creuse ou de la Savoie
au Languedoc ou à la Provence, le vieux vocable rural "mansum" a donné
"mas". Et ce mot banal de la langue d'oc va connaître, au siècle dernier, un
destin exceptionnel.
Grâce à la magie du style de Mistral, de Daudet et de quelques
autres, notre "mas", vers 1860, est emprunté par le français au Midi ; et
suprême consécration, est entré dans les dictionnaires sans jamais en sortir.
En Lozère, on s'en doute, on compterait par dizaine, les lieux-dits LE
MAS. Citons, au hasard des chemins, LE MAS, hameau de Fournels, Chasseradès, Mende ou
Moissac. Le plus souvent, comme il faut bien distinguer ces homonymes fréquents, ces
toponymes sont accompagnés d'un adjectif (par exemple, MASNEUF ou MASVIEIL) ou d'un nom
de personne (LE MAS DE VINCENT à Nasbinals ou MAS-RICHARD à Saint-Michel de Dèze). MAS
peut aussi être suivi d'un nom de lieu (tel que MAS-D'ORCIERES à Saint
Julien-du-TOURNEL).
Le toponyme (ou nom de lieu) MAS abonde donc dans tout le Gévaudan. On
sera d'autant plus surpris, en consultant l'annuaire du téléphone, de constater la
présence de seulement 15 MAS abonnés dans onze localités lozériennes. Puisque ce
patronyme est un ancien surnom d'origine évoquant "celui (ou ceux) du mas", la
fréquence du nom "MAS" devrait correspondre à celle du toponyme. En réalité,
il n'y a pas disproportion entre ce nom de personne et ce nom de lieu. Car il faudrait
ajouter au patronyme MAS, le nom de DELMAS("auquel del mas" : celui du
mas) qu'on rencontre aujourd'hui dans une quarantaine de localité du Gévaudan. Sans
oublier la forme francisée de DELMAS : DUMAS. Or ce dernier est porté actuellement par
62 abonnés dans 36 communes. Tous, évidemment descendent d'un homme qui vivait dans un
mas.
G. RIOUCLAR
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PARADIS
Il y avait aux environ de 1950 une centaine de PARADIS en Gévaudan :
37 à Saint-Etienne-du-Valdonnez, 27 à Mende, deux à Brenoux, trois à Barjac, un à
Chanac, deux à Cultures, deux à Saint-Julien-du-Tournel ; au nord-ouest, deux à
Saint-Chély ; au nord-est, neuf à Langogne et dans la région des Cévennes, un à
Meyrueis, un à Saint-Frézal-du-Ventalon, trois à Saint-Privat-de-Vallongue, un aux
Bondons, un à Florac, un a La-Bastide.
Quelle est la valeur de ce nom ? Dauzat suppose qu'il s'agit d'un
surnom donné d'après un rôle joué dans les Mystères au Moyen Âge. La Concentration
des PARADIS dans la zone de Mende semble admettre cette explication.
Toutefois on sait que le nom de Paradis a été jadis donné aux
premiers cimetières chrétien. C'est ainsi que nous avons un lieu dit PARADIS dans la
commune du Luc (Var) qui est un ancien cimetière gallo-romain. Je ne connais pas de lieu
dit "Paradis" en Gévaudan. Mais peut-être en existe-t-il ? Dans ce cas PARADIS
serait un nom d'origine d'après le nom du lieu dit.
Il faut enfin ajouter que PARADIS pourrait être rattaché au nom de
localité LA PARADE qui a dû désigner soit un endroit naturellement fortifié soit
plutôt un lieu ou l'on rassemblait les troupeaux. Pour trancher la question il faudrait
connaître un certain nombre de lieux dits PARADIS et leurs caractéristiques.
Charles CAMPROUX
Professeur à la Faculté des lettres de Montpellier
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PLANES : Sans relief
L'histoire du patronyme PLANES commence avec le mot latin plana qui
désignait une étendue de terrain sans relief. Ce mot a donné "plaine" en
français et plana en occitan. D'où un nom de lieu comme LA PLANE à
Saint-Germain-du-Teil. On peut aussi trouver ce toponyme au pluriel. Car un terroir
constitué par plusieurs plaines (ou un versant de montagne avec plusieurs grands replats)
a pu être dénommé las planas semi-francisé, par la suite, en (LES) PLANES. D'où,
aujourd'hui par exemple, les noms de deux hameaux d Albaret-le-Comtal et d Aumont-Aubrac :
(LES) PLANES.
Finalement, le seul petit problème que pose le patronyme PLANES, c'est
celui de son S final. Se réfère-t-i1 à un lieu caractérisé par plusieurs plaines
plusieurs espaces plats ? C'est vraisemblable. Mais il n'est pas impossible, aussi, que
dans certains cas, le patronyme PLANE se soit vu orné d'un S sans justification. L'ajout
de cette lettre parasite à la fin d'un patronyme ou d'un toponyme terminé par E n'est
pas exceptionnel. Dans ce cas, il n'est pas la marque du pluriel.
Reste à se demander où se situe de nos jours, en Lozère, l'aire de
dispersion des PLANES. L'annuaire électronique en recense 12. Si l'on excepte un abonné
à Langogne et un autre à Arzenc-de-Randon, plus de la moitié d'entre eux résident à
Marvejols (7) ou à proximité (au Monastier et à Montrodat). PLANES semble bien un
patronyme du pays de Marvejols. Peut être certains PLANES descendent-ils d'ancêtres qui
auraient habité jadis, non loin de là, le hameau de LA PLANE, à
Saint-Germain-du-Teil
Enfin, après avoir recherché le sens originaire de PLANES, une
question peut légitimement se poser à nous. Ce patronyme est-il le seul qui évoque en
Gévaudan un espace plus ou moins plat ? On devine que la réponse est non
G. RIOUCLAR
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RAYNAL
Le cas de RAYNAL est moins simple. Il s'agit, à l'origine, d'un nom de
baptême de formation germanique composé des racines "ragin : conseil" et
"waldan : gouverner". Le sens du sobriquet germanique était donc quelque chose
comme "président du conseil". Mais ce nom de baptême a été appliqué au
Moyen-Âge au goupil rusé, maître ès-conseils, et dès lors le goupil s'est appelé
RENARD (de " ragin : Conseil" et "hart : dur") en français et RAYNAL
en occitan. II est donc possible que RAYNAL soit également un sobriquet donné à un
individu rusé comme "lo rainal".
Charles CAMPROUX
Professeur à la Faculté des lettres de Montpellier
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SAVAJOLS
SAVAJOLS est certainement un nom de lieu. Cependant, il doit y avoir
très longtemps que SAVAJOLS a disparu comme tel. Il est probable que le nom existe
quelque part comme lieu dit, mais je l'ignore. SAVAJOLS est un nom de lieu qui appartient
à la catégorie bien connue des noms tels que Javols, Marvejols, Lanuéjols, etc. Il
s'agit d'un nom obtenu à l'aide du suffixe gaulois "oialium", qui
s'ajoutait à des radicaux divers pour former des noms de localité à l'époque du
défrichement gaulois. SAVAJOLS est très certainement formé sur une racine "sav
- sab" dont le sens, proposé par certains savants, est celui de
"creux" sens qui conviendrait assez pour un établissement humain dans une
"cuvette" fertile et protégée des vents. Le prototype a été "savoialum"
plus un s à valeur locative. Ce prototype a donné "savuejols", forme dans
laquelle le "u" s'étant confondu avec le "v" alors qu'il était
semi-consonne est tombé ; "savejols" aboutit à notre moderne
"SAVAJOLS" assez normalement.
Où pouvait se trouver la localité ou propriété de Savoialum ? La
répartition actuelle des SAVAJOLS, noms de famille peut nous en donner une idée. La
voici : Au sud, nous avons : Barre (6), La Canourgue (4), Saint-Germain-du-Teil (2),
Ispagnac (23), au centre, le long du Lot ou plus ou moins à proximité de la vallée :
Gabrias (3), Chirac (4) dans le canton de Marvejols, Barjac (4), Balsiège (1), Brenoux
(1), Mende (10), Lanuéjols (1), Chestel-Nouvel (5), Saint-Bauzille (9),
Saint-Etienne-du-Valdonnez (11). Continuant vers l'est en remontant le Lot, nous trouvons
: Chadenet (4), Le Bleymard (5), Mas d'Orsières (1). Plus au nord, au nord et à l'est de
Marvejols : Rimeize (2), Saint-Chély (2), Saint-Alban (3), Serverette (4),
Saint-Pierre-le-vieux (3), Albaret-Sainte-Marie (3), Rieutord (4). Enfin, loin de ce
groupement on trouve 3 SAVAJOLS à Langogne. Comme on peut s'en rendre compte en
transposant sur la carte, on est amené à penser que le lieu disparu "SAVAJOLS"
ou "SAVEJOLS" (ou même, déformation en SEVAJOLS : et il faut ajouter en effet
aux SAVAJOLS ci-dessus, 17 SEVAJOLS à Ispagnac) se trouvait situé quelque part dans la
région qui comprend Mende, Marvejols et Javols. Cette conclusion tirée de la dispersion
des SAVAJOLS est, par ailleurs, en accord avec le fait que c'est dans cette région que
nous trouvons la plupart des noms en "oialum" du Gévaudan.
Charles CAMPROUX
Professeur à la Faculté des lettres de Montpellier
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SEGUIN
La vieille racine germanique Sig, victoire, qui servit à la
formation de surnoms de chefs de guerre Goths, fut certainement à l'origine de ce nom de
famille. Associé à win, ami il donna le patronyme SEGUIN. A noter que tous les
SEGUIN qui sont nos contemporains n'ont pas obligatoirement des "barbares" parmi
leurs ancêtres. Si ces formes sont parvenues jusqu'à nous, c'est en grande partie grâce
aux populations gallo-romaines qui les adoptèrent comme noms de baptême à partir du V
ème siècle.
SEGUIN, avec 4425 foyers abonnés au téléphone, soit environ 12000
personnes, ce patronyme occupe le 261 ème rang des noms les plus fréquents en France. Sa
répartition géographique le montre partagé entre Bourgogne, Provence, Charente-Poitou,
Picardie et Île-de-France.
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